mercredi 16 mai
Retenez-moi, ou je vais commettre un meurtre...

Photo : Bout de pain je t'aime <3
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Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui se défoule sur toi ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te frappe de toutes ses forces ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui balance par terre ton appareil photo ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui t'insulte ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te traite d'incapable, de nulle, de déchet et de mochetée ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui veut t'envoyer le plus loin possible de tes amis ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un de fou ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui veut se battre avec sa fille ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te harcèle ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui fouille dans ton jardin secret ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te bousille de l'intérieur ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te pousse à bouts ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui souille ton intimité ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui te fout à la porte ?
Tu sais ce que c'est, toi, quelqu'un qui veut te priver de tout ?
Non ? Tu ne sais pas ?
Pourtant, rien de plus simple. Ce quelqu'un, c'est ma mère.

Photo : je voudrais juste un rayon de soleil...
samedi 14 avril
Comme à chaque vacances...
Look into my eyes - you will see
What you mean to me
Search your heart - search your soul
And when you find me there you'll search no more
Don't tell me it's not worth tryin' for
You can't tell me it's not worth dyin' for
You know it's true
Everything I do - I do it for you
mercredi 14 mars
Mes maux avec mes mots
Lundi. C'est la rentrée. Tu ne voulais pas y retourner après les événements qui s'étaient produits deux jours auparavant. Tu ne voulais pas le revoir. Mais, il y a eut cette petite lueure intérieure, au fond de toi, qui t'y as poussée. Alors, la gorge nouée, les pas incertains, le regard furtif, les cheveux bruns dans le visage, tu as affronté la passion, - cette passion qui t'as tant tiraillée pendant des jours et des nuits entières - t'efforçant d'être le plus naturelle possible, d'être aussi souriante et chiante qu'à ton habitude. Eux, ils n'y ont vu que du feu, pour eux, tu étais toujours la même. Elle, qui te dénigre, n'a même pas fait attention à toi, vogant à ses nouvelles occupations. Pourtant, elle était dure cette journée. Les cours semblaient interminables, leur paroles coulaient sur toi avec une telle fluidité qu'elles ne pouvaient s'imprégner. Ton esprit, ton âme, ton corps et ton coeur étaient ailleurs. Ailleurs, dans les souvenirs, ailleurs dans le passé. Le passé. Ce tirroir si bien rangé dans ta tête, fermé à double tour pour que personne ne puisse s'y imicer sans ton autorisation. Tes maux si souvent cachés, la vérité trop souvent baffouée, tes sentiments toujours intériorisés, telle est ta règle d'or, que tu le veuilles ou non. Ne jamais rien dire. Chut. Cette journée était horrible, une véritable torture d'esprit. Ton coeur saigne, tes larmes coulent, tu ne maîtrises plus rien. Tu détestes cela. Tu détestes être vulnérable et possédée. Tu détestes perdre le contrôle de toi-même et sombrer dans une solitude sans mercis. Mais tel était le destin de cette histoire. Il était écrit, tu en es certaine.
- Voué à l'échec -
Mais obstinée, tu avais foncé la tête baissée, te laissant aller à tes sentiments et surtout à ta perte. De tous les côtés, on te prévenait de ta souffrance à venir ; mais toi, non, tu te suicidais volontairement. Tu t'engouffrais dans cette passion chaque jour un peu plus, à en devenir folle. Folle de lui, oui, tu l'étais ; à en devenir aveugle. Tu étais prête à tout pour lui, à sacrifier ta vie, tes amis et bien plus encore, tu étais prête à vivre cachée, à l'abris de tous regards. Ses paroles te faisaient rêver, ses notes quand ses doigts éfleuraient le clavier te faisaient frissonner et t'emportaient dans un autre monde dont seul lui avait la clé, son regard fixe, plongé au fond du tien te faisaient rougir de par son intensité. Tu l'aimais. Plus que tout. Et cependant, ce soir là, tu le haïssais. Ses paroles étaient creuses et incompréhensibles. Tu aurais voulu le tuer, et te tuer par la même occasion. Tu avais mal, tu pleurais, comme jamais tu n'avais pleuré. Et Dieu sait que tu en as eu des chagrins d'amour, mais jamais comme celui ci. Il était intense. Quelque chose te prenait au ventre. Une déchirure. Un bout de toi que tu perds en chemin, comme ça, du jour au lendemain, sans comprendre exactement pourquoi. Cinq minutes de rupture. Il te manquait déjà. Jamais tu n'as aimé comme tu l'aimais. Jamais tu ne pourras l'oublier, il sera toujours au fond de toi, au fond de ton coeur, bien caché, comme vous l'avez été quelques temps.
Avant, tout les soirs, en fermant les yeux, ton coeur battait pour lui et tu souriais. Maintenant, tout les soirs en fermant les yeux, ton coeur s'arrête de battre et une perle nacrée ruisselle doucement le long de ta joue en te disant "bonne nuit chérichoue" [...]
dimanche 21 janvier
The show must go on
Je le sentais.
Ca devait se produire, je sentais que la mort tournait autour des miens. Mais, je m'attendais à tout sauf à lui. Lui qui allait toujours parfaitement bien, lui qui fumait des Camel quand j'étais petite, lui qui me parlait arabe, espagnol et anglais, lui qui m'emmenait dans sa caverne d'Ali Baba remplie de ses trésors de voyage, lui qui s'était battu avec un lion et même qu'il avait la carcasse de sa mâchoire dans son garage, lui qui avait un serpent à sonnette empaillé, lui qui avait trouvé une pépite d'or, lui qui est né au Maroc mais qui est Espagnol, lui qui m'a appris à conduire, lui avec qui on a fait des cabanes dans les bois, lui qui nous couvrait quand on faisait le mur pendant les vacances d'été et qu'on allait se ballader dans les champs, lui avec qui on ne s'ennuyait jamais, lui qui nous racontait des histoires extraordinaires et qui nous faisait rêver, lui qui nous défendait toujours devant nos parents, lui qui était toujours bronzé avec sa petite moustache blanche, lui qui pensait toujours à moi pour mon anniversaire depuis 16ans, lui qui s'appelait Raphaël, lui qui nous a quitté en ce début de soirée du 19 Janvier, lui que je n'oublirais jamais.
Je me demandais pourquoi il ne m'avait pas appelé pour mes 17ans, je me suis même prise à lui en vouloir. Moi, gamine indigne et égoïste, je lui en voulais alors que lui, il était à l'hôpital à attendre ses meurtriers qui allait l'ouvrir. Il avait peur, mais il pensait à moi, je le sais, on me l'a dit.
Comment ai-je pu être si heureuse en ce début de soirée du 19 janvier alors qu'il était en train de mourir ?
Tu n'es qu'une sale égoïste.
En plus, j'ai pas de vêtements noirs pour Jeudi...


